Du côté de chez San

Tout ce que j'aime est là : Littérature, philosophie, poésie, peintures à l'huile, voyages

jeudi 3 septembre 2009

Egypte

Voici un poème que j'ai écrit quand j'avais 12 ans :

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On m'a dit la vie en Egypte et ses pyramides,

Et mon coeur a gémi "que voilà une belle vie  ".

Je contemplerai le coucher du soleil sur le nil,

Il parait que ce monde n'est pas hostile.

J'essaierai de vivre comme au temps des pharaons,

Visiter la pyramide de Toutankhamon.

Retrouver l'Egypte antique,

Avec un bourg égyptien typique.

Chercher un fabuleux trésor,

Etudier la vie et la mort.

Voir des sarcophages

Infiniment plus vieux que mon âge.

Regarder d'anciennes momies

M'interroger sur leur vie.

J'irai dans la vallée des rois,

Où règne un tel désarroi.

Puis je construirai une maison en forme de pyramide,

Près d'une eau limpide

Et je finirai ma vie,

A l'abris de de tous les périls.

San.

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jeudi 23 juillet 2009

Nuit - Victor Hugo

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Le ciel d'étain au ciel de cuivre
Succède. La nuit fait un pas.
Les choses de l'ombre vont vivre.
Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées,
Fait frissonner dans l'onde, où luit
Le drap d'or des claires soirées,
Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore.
Tout à l'heure, tout écoutait.
Maintenant nul bruit n'ose éclore ;
Tout s'enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense,
Regarde avec anxiété
S'avancer ce sombre silence
Dans cette sombre immensité.

C'est l'heure où toute créature
Sent distinctement dans les cieux,
Dans la grande étendue obscure,
Le grand Être mystérieux !

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mercredi 1 juillet 2009

A la nuit, Evariste de PARNY

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Toujours le malheureux t'appelle,
Ô nuit, favorable aux chagrins !
Viens donc, et, porte sur ton aile
L'oubli des perfides humains.
Voile ma douleur solitaire ;
Et, lorsque la main du Sommeil
Fermera ma triste paupière,
Ô dieux ! reculez mon réveil ;
Qu'à pas lents l'aurore s'avance
Pour ouvrir les portes du jour :
Importuns, gardez le silence,
Et laissez dormir mon amour.

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vendredi 17 avril 2009

François Coppée - Tristement

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Allée de peupliers au soleil couchant (1884) V. Van Gogh

Van Gogh a peut-être lu ce poème de François Coppée. Van Gogh était fasciné par l’univers poétique et esthétique de la nuit. Il aimait travailler tard le soir et il a essayé de saisir l’ambiance et les jeux de lumière de la nuit à travers la couleur. « Souvent il me semble que la nuit est beaucoup plus vivante et richement colorée que le jour ». Van Gogh.

Cette toile est exposée au musée Van Gogh d'Amsterdam, j'ai beaucoup aimé l'exposition consacrée au thème de la nuit.

Obsédé par ces mots, le veuvage et l’automne,
Mon rêve n’en veut pas d’autres pour exprimer
Cette mélancolie immense et monotone
Qui m’ôte tout espoir et tout désir d’aimer.

Il évoque sans cesse une très longue allée
De platanes géants dépouillés à demi,
Dans laquelle une femme en grand deuil et voilée
S’avance lentement sur le gazon blêmi.

Ses longs vêtements noirs lui faisant un sillage
Traînent en bruissant dans le feuillage mort ;
Elle suit du regard la fuite d’un nuage
Sous le vent déjà froid et qui chasse du nord.

Elle songe à l’absent qui lui disait : Je t’aime !
Et, sous le grand ciel bas qui n’a plus un rayon,
S’aperçoit qu’avec la dernière chrysanthème
Hier a disparu le dernier papillon.

Elle chemine ainsi dans l’herbe qui se fane,
Bien lasse de vouloir, bien lasse de subir,
Et toujours sur ses pas les feuilles de platane
Tombent avec un bruit triste comme un soupir.

– En vain, pour dissiper ces images moroses,
J’invoque ma jeunesse et ce splendide été.
Je doute du soleil, je ne crois plus aux roses,
Et je vais le front bas, comme un homme hanté.

Et j’ai le cœur si plein d’automne et de veuvage
Que je rêve toujours, sous ce ciel pur et clair,
D’une figure en deuil dans un froid paysage
Et des feuilles tombant au premier vent d’hiver.

(Le cahier rouge)

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mardi 17 mars 2009

Ma fenêtre était large ouverte sur la nuit - Charles GUERIN

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Ma fenêtre était large ouverte sur la nuit.
La maison reposant autour de moi sans bruit,
J'écrivais, douloureux poète d'élégies,
A la clarté dansante et douce des bougies.
Un souffle d'air chargé des parfums du jardin
Me ravit en entrant la lumière soudain,
Et je me trouvai seul dans l'ombre avec mon rêve.
Ma montre palpitait, précipitée et brève,
A travers les profonds battements de mon coeur.
J'écoutais l'innombrable et pensive rumeur
Qui monte du sommeil nocturne de la ville.

Les ténèbres nous font l'oreille plus subtile,
L'âme s'enivre mieux, parmi l'obscurité,
Du suave secret des belles nuits d'été.
Je respirais l'odeur de l'herbe et de la terre.
Après de longs instants de calme solitaire
Où les vents familiers eux-mêmes semblaient morts,
Je sentais frissonner le silence au-dehors ;
Et, tout à coup, pareil au flot qui se propage,
Un grand soupir passait de feuillage en feuillage.

Pour l'homme intérieur il n'est pas sous le ciel
De forme qui ne cache un sens spirituel.
Aujourd'hui je reviens sur ces heures passées
A caresser ainsi dans l'ombre mes pensées,
Et, peut-être anxieux de mon propre destin,
Je me laisse conduire à voir dans votre fin,
Ô flambeaux dont le vent du soir cueillait la flamme,
Une image du corps abandonné par l'âme.

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jeudi 5 février 2009

L'hiver a cessé : la lumière est tiède - Paul Verlaine

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L'hiver a cessé : la lumière est tiède
Et danse, du sol au firmament clair.
Il faut que le coeur le plus triste cède
A l'immense joie éparse dans l'air.

Même ce Paris maussade et malade
Semble faire accueil aux jeunes soleils,
Et comme pour une immense accolade
Tend les mille bras de ses toits vermeils.

J'ai depuis un an le printemps dans l'âme
Et le vert retour du doux floréal,
Ainsi qu'une flamme entoure une flamme,
Met de l'idéal sur mon idéal.

Le ciel bleu prolonge, exhausse et couronne
L'immuable azur où rit mon amour.
La saison est belle et ma part est bonne
Et tous mes espoirs ont enfin leur tour.

Que vienne l'été ! que vienne encore
L'automne et l'hiver ! Et chaque saison
Me sera charmante, ô Toi que décore
Cette fantaisie et cette raison !

La bonne chanson

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mercredi 28 janvier 2009

La mer est plus belle - Paul Verlaine

Dock

La mer est plus belle
Que les cathédrales,
Nourrice fidèle,
Berceuse de râles,
La mer sur qui prie
La Vierge Marie !

Elle a tous les dons
Terribles et doux.
J'entends ses pardons
Gronder ses courroux.
Cette immensité
N'a rien d'entêté.

Oh ! si patiente,
Même quand méchante !
Un souffle ami hante
La vague, et nous chante :
" Vous sans espérance,
Mourez sans souffrance ! "

Et puis sous les cieux
Qui s'y rient plus clairs,
Elle a des airs bleus,
Roses, gris et verts...
Plus belle que tous,
Meilleure que nous !

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mardi 13 janvier 2009

La neige à travers la brume, Verlaine

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La neige à travers la brume
Tombe et tapisse sans bruit
Le chemin creux qui conduit
À l'église où l'on allume
Pour la messe de minuit.

Londres sombre flambe et fume :
Ô la chère qui s'y cuit
Et la boisson qui s'ensuit !
C'est Christmas et sa coutume
De minuit jusqu'à minuit.

Sur la plume et le bitume,
Paris bruit et jouit.
Ripaille et Plaisant Déduit
Sur le bitume et la plume
S'exaspèrent dès minuit.

Le malade en l'amertume
De l'hospice où le poursuit
Un espoir toujours détruit
S'épouvante et se consume
Dans le noir d'un long minuit...

La cloche au son clair d'enclume
Dans la tour fine qui luit,
Loin du péché qui nous nuit,
Nous appelle en grand costume
A la messe de minuit.

Bonheurs

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lundi 15 décembre 2008

La fin de la journée - Charles Baudelaire

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Sous une lumière blafarde
Court, danse et se tord sans raison
La Vie, impudente et criarde.
Aussi, sitôt qu'à l'horizon

La nuit voluptueuse monte,
Apaisant tout, même la faim,
Effaçant tout, même la honte,
Le Poète se dit : " Enfin !

Mon esprit, comme mes vertèbres,
Invoque ardemment le repos ;
Le coeur plein de songes funèbres,

Je vais me coucher sur le dos
Et me rouler dans vos rideaux,
Ô rafraîchissantes ténèbres ! "

Les fleurs du mal

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dimanche 12 octobre 2008

La Forêt, CHATEAUBRIAND

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Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !

Prestiges de mon coeur ! je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler.

Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !... Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière,
Qu'ignoré je sommeille à l'ombre des ormeaux !

Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d'un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.

Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D'autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j'entretiens les déserts

Tableaux de la nature 

Posté par San_ à 15:54 - Poèsie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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