Du côté de chez San

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dimanche 4 mars 2007

2. Socrate

socrate

C'est le totem de la philosophie occidentale, celui avec qui s'ouvre la période classique de la Philosophie grecque.

La place exceptionnelle qu'il tient dans notre culture est celle du héros fondateur, du père originaire, qui s'enveloppe dans une obscurité sacrée.

Il appartient inséparablement à l'histoire et au mythe de l'esprit. Nous ne connaissons avec certitude presque aucune de ses pensées. Lui qui 'écrivit rien, lui qui n'enseigna rien. Le vrai Socrate est peut-être à jamais enseveli sous sa légende, qui personnifie en lui la conscience philosophique, unité de la conscience intellectuelle et de la conscience morale. Toutefois, il faut bien qu'il y ait eu en cet homme de quoi rendre possibles et la ciguë et Platon.

     Socrate est né à Athènes, d'un père artisan sculpteur et d'une mère sage-femme. Sa formation intellectuelle est mal connue ; une intense curiosité semble l'avoir porté vers tout ce dont le refus fera plus tard sa gloire : l'investigation de la nature, à la façon des « physiciens » présocratiques, les techniques de la parole, à la façon des sophistes et des rhéteurs.

L'oracle de Delphes le désigna entre tous les hommes comme le plus sage et le plus savant (sophos). Stupéfait par cette réponse, Socrate y voit le signe d'une mission divine ; il ira désormais par les rues et par les places, questionnant chacun, jeune ou vieux, artisan ou notable. Tous croient savoir quelque chose, et ne savent pas qu'ils ne savent rien. Sous le feu des questions de Socrate, ces certitudes naïves s'effondrent. Lui, au moins, sait qu'il ne sait rien : l'oracle avait raison.

Il devint très tôt le personnage central d'un véritable genre littéraire, la «discussion socratique », qui servit de mode d'expression philosophique à une génération entière.

En 399, après la fin catastrophique de la guerre de Péloponnèse, l'épisode sanglant de la tyrannie des Trente et le rétablissement de la démocratie, trois bons citoyens le dénoncèrent comme impie, introducteur de divinités nouvelles et corrupteur de la jeunesse. Ils demandaient sa mort, et l'obtinrent des juges : Socrate s'était défendu avec une ironie qui passa pour de l'arrogance. Socrate bu la cigüe calme et confiant devant ses amis éplorés.

L'ironie socratique : l'ignorance feinte, l'air candide. "Je sais que je ne sais rien". Sa mission est de faire comprendre aux hommes de leur non-savoir, c'est une révolution dans la conception du savoir. Sa méthode philosophique va consister à interroger les disciples. Il amène ses interlocuteurs à s'examiner, à prendre conscience d'eux même.

Socrate lève son bâton, et dit : « Arrête-toi, mon ami, et causons un peu. Non d'une vérité que je détiendrais, non de l'essence cachée du monde ; mais de ce que tu allais faire quand je t'ai rencontré. Tu croyais cela juste, ou beau, ou bon, puisque tu allais le faire ; explique-moi donc ce que c'est que justice, beauté, bonté. » Ainsi naît le dialogue.

L'art socratique du dialogue, en qui se résume la manière socratique de philosopher, tient à peu près dans l'image de la « maïeutique », art d'accoucher les esprits, que Socrate disait tenir de sa mère. Connais-toi toi-même : connais ce qui véritablement est toi. Le bien auquel l'âme aspire est un bien qui relève d'elle.

Il disait entendre la voix d'un démon, d'une puissance supérieure lorsqu'il était tenté de commettre une action mauvaise, une conscience morale, (sorte de surmoi pour la psychanalyse).

Avec Socrate, le champ de la philosophie subit un rétrécissement, il se réduit à un ensemble de questions pratiques, éthiques et politiques. C’est le premier penseur sans cosmologie.

Avec Socrate, la philosophie a son martyr. Il est devenu ce avec quoi l'on n'en finit pas plus qu'avec la philosophie même.

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jeudi 11 janvier 2007

1.02.4 - Hippias d'Élis


Hippias d'Élis

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Hippias, né peut-être vers 443, est l'homme-orchestre de la sophistique. Il savait tout faire et tout enseigner, depuis les mathématiques et l'astronomie jusqu'à la stylistique et la rhétorique, en passant par l'histoire et l'érudition ; il y joignait les connaissances techniques les plus variées, fabriquant lui-même ses vêtements, ses chaussures, ses bijoux. Une mémoire fabuleuse couronnait le tout, servie par un art mnémotechnique qui constituait le clou de son enseignement.

        Il écrivit beaucoup, dans les genres et sur les sujets les plus divers ; mais les fragments qui subsistent de lui sont des plus maigres, et l'on n'est parvenu à étoffer un peu son image qu'en lui prêtant par conjecture des textes anonymes ou des influences non avouées. Il semble, en tout cas, avoir eu plus d'envergure que le personnage incommensurablement vaniteux et borné que Platon lui fait jouer dans les deux dialogues qui portent son nom, l'Hippias majeur et l'Hippias mineur.

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mercredi 20 décembre 2006

1.02.3 - Prodicos de Céos


Prodicos de Céos


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Plus jeune que Protagoras, Prodicos, né entre 470 et 460, mort après 399, fut peut-être son disciple. Il exerça le métier de sophiste avec grand succès et semble s'être intéressé à la physique et à l'anthropologie. Mais sa spécialité fut la distinction des synonymes et la précision dans l'usage des mots, pratique dont Platon le raille souvent, mais qui influença la langue et la pensée de nombre de ses contemporains.
Son œuvre principale s'intitulait les Saisons.

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mardi 12 décembre 2006

1.02.2 - Gorgias de Leontinoi


Gorgias de Leontinoi


    Gorgias_de_LeontinoiNé en Sicile, Gorgias (env. 483-env. 374) fut, dit-on, l'élève d'Empédocle ; on lui attribue des théories physiques proches de celles de l'Agrigentin. Mais c'est comme technicien de la parole, orateur, improvisateur et styliste, qu'il devint célèbre et immensément riche. Gorgias trouva le temps, dans sa vie plus que centenaire, d'écrire un surprenant traité Du non-être, ou De la nature, dont il nous reste deux abrégés tardifs, et dans lequel, retournant contre les Éléates une dialectique proche de la leur, il démontrait successivement que rien n'est ; que, même si quelque chose était, l'homme ne pourrait pas le connaître ; et que, même si l'homme pouvait le connaître, le langage ne pourrait pas l'exprimer. Il existe aussi deux échantillons du savoir-faire oratoire de Gorgias : l'Éloge d'Hélène et la Défense de Palamède, où il exhibe sa technique de persuasion et illustre, en réhabilitant des personnages décriés par la légende, le pouvoir quasi magique qu'il attribue au langage.

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vendredi 8 décembre 2006

1.02.1 - Protagoras d'Abdère


Protagoras d'Abdère


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Il se serait fait remarquer de Démocrite par son art pour nouer le fagot, on sait peu de chose sur la formation de Protagoras (env. 490-env. 420). Il eut une immense réputation d'éducateur, décrite par Platon dans le dialogue qui porte son nom. Il fut l'ami d'Euripide et celui de Périclès, qui le chargea d'établir les lois de la cité panhellénique de Thourioi, fondée en 444. Une tradition, dont pourtant Platon ne dit mot, veut que son traité sur les dieux, où il faisait profession d'agnosticisme, lui ait valu d'être exilé d'Athènes.

          De ses écrits assez abondants, le plus important paraît avoir été: " De toutes choses, l'homme est la mesure : de celles qui sont, qu'elles sont ; et de celles qui ne sont pas, qu'elles ne sont pas. ". Platon, qui selon certains auteurs anciens aurait plus d'une fois plagié Protagoras, lui donne la parole dans le dialogue homonyme (mythe d'Épiméthée et de Prométhée) et dans le Théétète, où il interprète et critique à fond sa pensée.

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mercredi 6 décembre 2006

1.02 - Les sophistes

   Il n’est pas d’usage de classer les sophistes dans les présocratiques, car ils sont contemporains de Socrate, et leur univers de pensée est différent. Cependant, la rupture de pensée effectuée par Socrate fut avec eux aussi radicale que celle qu’il effectua par rapport aux présocratiques.

      La sophistique n’est pas une doctrine, mais une manière d’enseigner. Les sophistes sont des professeurs qui vont de ville en ville chercher leur auditoire, et qui, pour un prix convenu, apprennent à leurs élèves les méthodes pour faire triompher une thèse quelle qu’elle soit. La recherche de la vérité est substituée la recherche du succès fondé sur l’art de convaincre, de persuader, de séduire. Avec eux, la philosophie devient un métier. Cependant il est relativement facile avec la langue de feindre un savoir que l’on a pas et faire paraître vrai le faux. Ce sont les précurseurs de la logique.

   Leurs apports dans l’histoire de la philosophie :

    • Contrairement à la tradition de la philosophie de la nature grecque, l’homme est placé au centre de la réflexion philosophique.
    • La pensée elle même devient un thème philosophique.
    • Le problème du langage joue un rôle de premier plan.
    • La critique des échelles de valeur traditionnelles ouvre à la pensée un tout nouvel horizon et prépare la voie pour une éthique autonome et fondée rationnellement.

   Les sophistes nous sont assez mal connus : leurs écrits ont presque tous disparu, cependant,  quatre figures se dressent celles de Protagoras, de Gorgias, de Prodicos et d'Hippias.

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samedi 18 novembre 2006

1.01.6 - Démocrite


Démocrite (460-370 av J.C.)


d_mocriteDernier des grands philosophes de la nature, Démocrite est avant tout le fondateur de la première forme d'une grande philosophie : l'atomisme, il apporte par là une solution au problème posé par Parménide d'Élée, qui a affirmé l'unité de l'être et son immobilité : en dehors de l'être, ne reste que le non-être, le néant. Ce non-être, pour Démocrite, a une existence : c'est le vide qui permet le mouvement. Quant à l'être de Parménide, Démocrite le partage en corps insécables, les atomes, qui sont, comme l'être parménidéen, impassibles et impérissables.
Le mot atome veut dire indivisible, les éléments constituants toutes choses ne peuvent être divisés indéfiniment en plus petit. Les éléments de la nature doivent être éternels, parce que rien ne naît de rien (rejoint Parménide). Toute la nature consiste en une infinité d’atomes de différentes sortes, mais bien qu’illimités en nombre et en forme, ils sont tous éternels, immuables et indivisibles.

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dimanche 5 novembre 2006

1.01.5 - Anaxagore


Anaxagore (500-428 av J.C.)


anaxagoreNé à Clazomènes vers 500 avant J.-C., il vint se fixer à Athènes, où il introduisit la philosophie, et appartint au cercle éclairé qui entourait Périclès. Il affirme entre autre que le soleil n’est pas un Dieu mais une grosse pierre chauffée à blanc. Il rejette l’idée d’une substance élémentaire, la nature est formée d’infinies et minuscules particules invisibles à l’œil.

Il y a deux thèses principales à identifier :

L'idée du Nous, ou énergie ordonnant le monde, organisant la matière et l'être. On peut rapprocher cette force de la faculté d'intelligence.

Le fait qu'être et matière ne se produisent ni ne se créent, mais se transforment. Il y a donc un refus des concepts du « non-être » et de ses productions. Il sera à l'origine de la citation: "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme", reprise plus tard par Lavoisier.

Ces théories sur l'astronomie et la cosmologie lui valurent d'être condamné à l'exil.      

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mercredi 1 novembre 2006

1.01.4 - Empédocle

Empédocle (490 - 430 av. J.-C.)

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La sagesse qu'il enseigna repose sur une cosmogonie assimilant le devenir du monde à un cycle, où les rapports des quatre éléments sont régis par l'Amour qui unit et la Haine qui divise.

Sa doctrine physique fait des Quatre éléments (l'eau, le feu, la terre et l'air) les principes composant toutes choses. À ces éléments s'ajoutent les forces de l'Amour et de la Haine : l'Amour rapproche même ce qui est dissemblable, et la Haine sépare ce qui est joint. La dualité et l'opposition des forces d'Amour-Haine s'appliquant sur ces quatre éléments subit en outre une alternance : à un état où règne seul l'Amour et où tout est uni, succède l'introduction progressive de la Haine jusqu'à complète séparation des éléments, l'Amour réapparaissant alors ramène les choses à l'unité et vers un nouveau cycle

Il aurait choisi de mourir en se jetant dans l'Etna.

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jeudi 26 octobre 2006

1.01.3 - Héraclite


Héraclite (540-480 av. J.C)


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Héraclite, contemporain de Parménide, est originaire d’Ephèse en Asie Mineure. Il pense que c’est le feu la matière primordiale de l’univers. Dans la nature rien n’est stable, tout s’écoule continuellement, tout est en mouvement, est fluctuant.

Héraclite met l’accent sur les oppositions inhérentes au monde, le bien et le mal ont tout deux leur place nécessaire  à l’ordre du monde et sans ce jeu continuel des contraires, le monde cesserait d’exister.

Derrière le flux et l’opposition des contraires, Héraclite perçoit l’unité du tout ou de l’un. Il appellera ce « quelque chose » à l’origine de tout Dieu ou logos.

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